Le mot de la présidente

Notre association est née le 2 juin 1955 de la volonté de quelques parents réunis pour trouver des solutions d’accompagnement pour leurs enfants en situation de handicap. Ils voulaient que leurs enfants soient accompagnés pas à pas dans leur développement fut-il différent de celui des autres enfants. Ils voulaient également s’entraider dans leurs difficultés quotidiennes de parents. A cette époque il n’existait aucune structure, beaucoup de ces enfants étaient cachés et leur espérance de vie était faible …

Combien de parents ont dû affronter seuls des diagnostics médicaux sans espoirs, assénés sans ménagement ? Combien de familles se sont-elles brisées à l’arrivée d’un enfant différent ? Combien de parents,  combien de frères et de sœurs victimes collatérales du manque d’accompagnement ?

Heureusement depuis 60 ans les choses ont évolué dans le bon sens. Mais le chemin qui  nous reste encore à parcourir, pour que les personnes en situation de handicap mental bénéficient toutes d’une solution, pour qu’elles aient toutes accès à la santé, pour que leurs parents bénéficient tous du soutien moral et financier dont ils ont besoins, est encore long.

Depuis les 6 ou 7 enfants accompagnés, lors de la constitution de l’association sous l’égide de Mme Madelin, en 1955, jusqu’aux 600 personnes que nous accompagnons quotidiennement aujourd’hui, bien des combats ont été menés et ils doivent-être poursuivis.

Nous savons que le contexte économique et social n’est pas favorable, pourtant nous ne pouvons-nous résoudre à ce que de nombreuses personnes soient encore aujourd’hui sans solution ou expatriées.            

De nouvelles solutions doivent et peuvent-être trouvées sur le territoire national. Il s’agit là d’un enjeu de société, d’un enjeu éthique. Nous revendiquons,  une société inclusive qui donne sa juste place à chaque citoyen comme nous y engagent les textes  européens.

Il s’agit également d’un enjeu économique, les emplois du secteur médico-social ne sont pas délocalisables, chaque place d’accueil ouverte équivaut à la création d’un emploi !

Mais l’économie ne remplace pas nos valeurs et il me semble important de réaffirmer les principes en lesquels nous croyons :

Chaque personne en situation de handicap a droit à un accompagnement digne de ce nom, au plus près de ses proches, en établissement ou en tout  autre lieu de vie. Si la désinstitutionalisation est souhaitable pour un certain nombre de personnes, elle ne doit pas être le prétexte à l’arrêt des créations de places. D’autres ont elles, un besoin urgent d’accompagnement en établissements ou en services.

Pour atteindre le « zéro sans solution », nous devons être inventifs, imaginatifs, mais surtout pas restrictifs !

Aujourd’hui encore, sur le bassin rémois, comme partout en France, de nombreux jeunes adultes sont maintenus dans un établissement pour enfants fautes de places dans le secteur adulte.

Les travailleurs vieillissants n’ont pas suffisamment de places prévues dans des structures adaptées.

A la sortie des unités d’enseignement maternel qui accueillent les petits autistes entre 3 et 6 ans rien n’ai prévu.

Les listes d’attente à l’entrée des Instituts Médico Educatif et des services de soins à domicile sont interminables …

Il n’y a pas non plus assez d’auxiliaires de vie pour permettre l’inclusion des personnes en situation de handicap dans la société, à l’école …

L’accès à la santé reste préoccupant pour bon nombre de personnes en situation de handicap …

Voilà autant de sujets qui nous préoccupent et pour lesquels nous devons poursuivre le combat de nos prédécesseurs. Pour atteindre nos objectifs, nous avons besoin de chacun d’entre vous, parents, amis, soignants, financeurs, élus, sponsors ...

La Présidente,

B BARREDA